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lundi 8 juillet 2013

L'auberge espagnole - le retour du retour

Cédric Klapish récidive avec la suite de L'auberge espagnole et Les poupées russes dans Casse-tête chinois. Les aventures de Xavier, l'étudiant Erasmus qui veut vivre sa vie, et surtout pas comme les autres, revient.



Quand j'étais ado, dans les années 90, il y a eu une explosion de sitcoms à la télévision : pour le pendant US et les plus connus :les Friends, Seinfeld et compagnie. Pour le pendant français, beaucoup moins bien fait et beaucoup moins bien drôle : Hélène les garçons, Salut les musclés, et compagnie.

Quand j'ai vu cette bande-annonce, ça m'a fait pensé à ces sitcoms. Je ne suis pas un critique qui critique des films qu'il n'a pas vu (il en existe déjà trop), mais il y a un côté un peu "cul-cul" ou kétaine qui commence à me fatiguer.

Et puis il y a cette mode, celle des suites : Iron man 1, Iron man 2, Iron man 3, Spiderman 1, 2 et 3 et The amazing spiderman... Bref, ça sent la suite commerciale, mais malgré mes réticences, j'irais le voir quand même. Sûrement un quelconque appel d'une génération dans laquelle j'ai potentiellement envie de m'identifier ou dans laquelle je me reconnais.

Certes, Cédric Klapish excelle dans ce genre, et ces comédies "de potes" sont certainement ses meilleurs films. Cependant il a aussi prouvé son talent pour d'autres genres, comme dans Ni pour, ni contre, bien au contraire.



Ha oui, et comme d'habitude, on a pas de date de sortie pour le Québec. Quand est-ce que les distributeurs de cinéma vont se rendre compte qu'il y a une chose révolutionnaire qui s'appelle Internet?

mardi 13 juillet 2010

Télévision : Radio-Canada grignote ARTV

Radio-Canada, qui possédait déjà 61% d'ARTV, vient d'acheter les parts de Télé-Québec dans la chaîne culturelle, possédant désormais 85% des parts. Télé-Québec a annoncé dans un communiqué de presse que cette vente permettra la création d'un fonds régional de production télévisuelle, afin de promouvoir les régions en dehors de Montréal. L'autre actionnaire d'ARTV est la chaîne franco-allemande Arte, qui possède les 15% restants.

Les conséquences de cette vente peuvent être multiples : Télé-Québec, chaîne généraliste diffusée sur les ondes hertziennes est certainement la chaîne qui prend le plus de risque en matière de culture : films d'auteur sans interruptions publicitaires, documentaires, etc. Même si une entente de programmation (qui sera dévoilé à l'automne) a été mis en place entre les deux chaînes, la vente de ces parts pourrait alors rendre difficile sa relation avec ARTV, car Télé-Québec reprenait certaines de ses émissions, comme "Fais-ça court", émission dont le principe est de mettre en compétition plusieurs réalisateurs en leur donnant les mêmes acteurs, le même décor et un thème, le reste (scénario, réalisation) étant entre leurs mains : autant de promotion culturelle que de promotion locale.

Radio-Canada, chaîne généraliste publique, est sans cesse en compétition avec les autres chaînes francophones privées, qui elles n'hésitent pas à mettre les moyens pour attirer un maximum d'audience (et surtout importer de nombreuses séries américaines). Va-t-elle avoir le courage de reprendre les émissions d'ARTV pour une diffusion nationale alors même que des coupures budgétaires ont-eu lieu il y a un peu moins d'un an? Mais surtout, l'achat de ces parts ne risque-t-il pas de grever son propre budget en matière de productions locales?

Une chose est néanmoins rassurante dans la création de ce fonds régional de production télévisuelle qui donnera une chance aux nombreux créateurs québécois situés en-dehors de la métropole, car cette décision politique (approuvé par le conseil des ministres sur recommandation de la ministre de la culture) ne semble pour l'instant aucunement ébranler les chaînes de télévision concernées. Réactions à suivre?

mardi 4 mai 2010

Télévision : Canwest ajoute une aile à son château

La crise économique continue de sévir. Shaw Communications vient d'acquérir les propriétés télévisuelles de Canwest, qui accusait une dette en 2009 de 3.9 milliards de dollars. Elle avait obtenu en automne dernier la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. Petit retour sur une guerre à coup de millions... de communications.

- Comment Shaw prend le contrôle.

Shaw est présent dans la plupart des provinces canadiennes excepté le Québec. Basé en Alberta, elle a depuis sa création en 1966 conquérit le marché des câblodistributeurs. Elle a conclu dans les années 1990 un pacte de non-compétitivité avec Rogers qu'elle met fin en juillet 2009 avec l'acquisition de Mountain Cablevision en Ontario.

Shaw est aussi un radiodiffuseur et un télédiffuseur, d'abord par satellite, puis par câble. Elle acquiert en 2009 trois stations de télévision appartenant au groupe CTVglobemedia. Elle développe son réseau pour diffuser des canaux HD. Elle a obtenu l'autorisation en 2008 de construire un réseau de mobilité sans fil, la majorité dans l'ouest canadien.

- Qui est Canwest.

Canwest est aussi un câblodistributeur, possède de nombreux journaux et magazines (The Gazette à Montréal, le National Post ou le Ottawa Citizen, entre autres) et plusieurs stations de télévision dont Global, la plus importante, présente partout à travers le Canada, y-compris le Québec.

- Le poisson Canwest péché par un plus gros poisson?

Il semble que oui. Encore aujourd'hui Torstar, propriétaire du Toronto Star, viendrait de faire une offre pour acheter les éditions produites par Canwest, incluant les journaux précités. En achetant les propriétés télévisuelles de Canwest, Shaw se paie une présence média pancanadienne. "Nous croyons que la combinaison de contenu avec nos réseaux TV câble et satellite, et bientôt notre service sans fil, nous placera à la tête des compagnies de communication et de divertissement au Canada." a déclaré Jim Shaw, Président de Shaw, via un communiqué repris par Argent. Rien que ça...

- Quel avenir pour les régions

Cette acquisition pose indirectement la question des médias régionaux. Comment un si gros acteur peut-il encore investir dans des contenus locaux lorsque des contenus nationaux ont un prix de revient moins cher. Il faudrait alors légiférer afin qu'une corporation de cette taille investisse dans les productions locales (essayons d'être optimistes!). En regardant la grille de programmation de Global, on y voit de nombreuses productions provenant des États-Unis, pas vraiment rassurant lorsqu'on regarde le passé de Shaw Communications, qui ne cherche, avec ses nombreuses acquisitions, qu'à devenir l'unique fournisseur Internet, radio, télévision dans tout le Canada.

- Des médias Shaw en français?

Sa future présence au Québec devient une porte d'entrée géographique vers les provinces maritimes, où elle possède déjà plusieurs compagnies de câbles. Pour une présence plus marquée au Québec, Shaw n'aura pas le choix de prendre en compte les particularités linguistiques, sociales et culturelles de la province. Car son incursion dans la Belle Province est sûrement un moyen de devenir un acteur de la distribution d'Internet et du sans-fil, surtout lorsque certaines villes n'ont toujours pas accès à une connexion haute vitesse...

La convergence économique n'est jamais bon signe du point de vue de la production d'informations, car justement elle va n'offrir qu'un seul point de vue, certes sous des formes différentes. Les canaux ont beau être multiples, si la source reste la même, le choix importe peu. Le contrôle des communications est la pierre angulaire des nations, et si elle reste la main d'une seule personne, prenons garde alors à la pensée unique.

vendredi 30 avril 2010

Médias : Peut-on faire confiance aux Canadiens de Montréal?

Une éclipse médiatique, c'est lorsque une nouvelle retient la majorité de l'attention des médias. L'élimination, au hockey, des Capitals de Washington par les Canadiens de Montréal mercredi 28 avril a occupé, selon Influence Communication, jusqu'à 82% de l'espace médiatique. Une aubaine pour certaines entreprises qui en profitent pour faire circuler une mauvaise nouvelle qui passera inaperçue ou presque dans les salles de rédaction, surtout lorsque d'autres éclipses sont à prévoir pour les prochains matchs qui opposeront le CH à leurs prochains adversaires. Peut-on alors parler d'exhaustivité en matière d'information?

Certaines nouvelles méritaient un peu plus de développement. Par exemple, lundi 26 avril, avant le match éliminatoire, le maire d'Outremont était arrêté dans le cadre de l'opération Marteau, qui vise à faire le ménage dans l'industrie de la construction. Fraude, abus de confiance et fabrication de faux documents sont ses chefs d'accusation. Pas de suite de l'affaire depuis lundi, excepté aujourd'hui vendredi, dans un article de La Presse qui ne fait plus référence au maire d'Outremont mais à une opération en cours de l'escouade Marteau dans la ville de Québec.

On a vu les maires de Montréal et Québec, le Mardi 27 avril, en visite à Chicago pour signer une résolution contre les armes à feu. La nouvelle n'a pas fait long feu et pour cause, ce sont deux villes où les taux de criminalité sont parmi les plus bas en Amérique du Nord....

On a pu échapper au lancement du deuxième album de Jonathan Roy (qui s'en plaindrait?), au succès de l'opération Montreal.net, un cheval de bataille qu'affectionne particulièrement Gerald Tremblay. Il y a eu également un peu de mouvement dans l'affaire qui opposent les journalistes du Journal de Montréal à leur patron Quebecor.

Mais cette éclipse est aussi génératrice d'informations, comme les débordements (prévisibles) dans le centre-ville de Montréal suite à la victoire des Canadiens, ou encore l'évacuation, le lendemain du match, de 200 personnes d'un immeuble suite à des odeurs incommodantes, probablement du gaz poivre lancé par les policiers la veille qui se serait répandu, sans parler des multiples et infinies débats sur les prédictions des prochains matchs à venir.

Ce bref aperçu montre que le public consommateur d'informations est encore sous l'emprise des grands médias que sont la presse, la télévision et la radio. Les sources d'information des réseaux sociaux, des blogues et autres fils d'actualités restent entre les mains des agences de presse, qui vendent l'information aux salles de rédaction qui décident de ce qui va être ou non traitable et diffusable. Autrement dit, l'espace médiatique est encore trop restreint, malgré la multiplication des canaux. Parce que cette infinité trouve finalement sa limite dans l'attention que l'on peut porter aux nouvelles. Trop de choix tue le choix et il est toujours plus agréable, lorsqu'on n'est pas expert, que l'on choisisse pour nous plutôt que de faire notre propre choix.
C'est le travail d'un rédacteur en chef, et même si on peut gérer ses propres fils de nouvelles, n'est pas rédacteur en chef qui veut. 

Le travail des journalistes est-il de faire tout voir et tout entendre? Il perdrait son lectorat si tel était le cas. La preuve en est la réduction en nombre de caractères des articles parues, sans parler des formats en ligne, et aussi de ce propre blogue, pour lequel j'essaie toujours de restreindre et de synthétiser le plus mes idées. Twitter en est l'extrême, 140 caractères pour délivrer une information, difficile de faire plus court. Les médias permettent une hyperspécialisation de l'information, ce dont la télévision par câble et ses chaînes thématiques étaient précurseurs, et c'est idéal lorsqu'on peut trouver une information précise et ses cohortes d'experts qui l'accompagnent.

Les médias ont le droit de prétendre à l'exhaustivité, mais ce n'est qu'un attribut qui leur est propre et c'était l'argument de vente principale des fournisseurs d'accès à Internet dans les années 1990. Ça ne dépend pas de ce qu'une équipe de communicateurs peut faire. Ce qu'ils font, c'est sélectionner, juger de la pertinence, traiter, diffuser. L'information pure n'existe pas, l'information est un événement qui a été traité.

Quand on regarde un film ou qu'on lit un roman on accepte facilement d'entrer dans l'histoire car nous savons que c'est une fiction. C'est la même chose, dans une moindre mesure, pour l'information, et ce n'est pas pour rien si les anglophones utilisent le terme "story" pour désigner une nouvelle. On doit malgré tout faire confiance aux médias, en gardant en tête que quoi qu'il arrive, sans être non plus constamment sceptique, que toute information est manipulée, et que le point de vue adoptée n'en est qu'un parmi d'autres. La multiplication des sources et des points de vue peuvent alors devenir une des garanties de la valeur d'information.

mardi 27 avril 2010

Publicité : Crise identitaire, les agences ont des boutons

Les nouvelles technologies ont remis en cause les modèles d'affaires des agences de publicité. Elles ont construit leurs structures en fonction de médias établis depuis plusieurs décennies ou même plusieurs siècles pour certains d'entre eux : affichage, presse, télévision, radio. Les médias se sont multipliés, et en créant de nouveaux supports l'espace publicitaire s'est considérablement élargi. Du "Mass Media" au "Daily me", les marques nous accompagnent désormais quotidiennement dans nos vies.

Une agence possède jusqu'à 3 rôles fondamentaux :
- Le conseil client : l'agence prend par la main le client et le conseille dans ses choix stratégiques marketing.
- La création : ce qui motive les créatifs est sous-tendu par la stratégie adopté par le client.
- La production : c'est l'étape même de création d'une "campagne" publicitaire, et si je mets campagne entre guillemets, c'est parce que ce mot doit être redéfini, mais j'y reviens un peu plus loin.
On retrouve les deux premiers rôles dans toutes les agences de publicité, tandis que la production peut être faite en dehors de l'agence, via studio de tournage, équipe d'infographistes, etc.
Certaines plus grosses agences intègrent la production à leurs activités, afin de faciliter les relations avec le conseil client.

Ce que les nouveaux médias apportent, c'est l'immédiateté de l'impact de la stratégie marketing, avec moultes mesures statistiques en temps réel. Il ne suffit plus d'attendre si une campagne publicitaire télévisée a un impact sur les ventes, en mettant à disposition la vidéo sur Internet on peut observer la vitesse à laquelle elle se propage.

Mais le plus intéressant réside surtout dans la création de programmes et de sites Internet par les marques à des fins utiles pour le consommateur. Le site Internet n'est plus une simple vitrine dans laquelle la marque expose ses produits, mais c'est un outil puissant de communication qui peut prendre la forme d'un magazine avec, par exemple, pour une entreprise œuvrant dans le domaine de l'agroalimentaire, des conseils de nutrition, des recettes, etc. Cette vidéo-conférence (en anglais, vu sur le blogue de Normand Miron), montre très bien les effets qu'ont eu les nouvelles technologies sur le fonctionnement des agences de publicité.



Les conséquences sont multiples pour les agences, car le "feedback" est immédiat et la triple relation "conseil client", "création" et "production" n'est plus linéaire mais éclatée, ce que nous dit d'ailleurs cet article publié par Infopresse aujourd'hui. Cette relation est d'autant plus primordiale lorsqu'on y ajoute le facteur "réseaux sociaux" où le produit mis sur le marché est pris en main par les consommateurs qui se relaient l'information de maintes façons. Il suffit de taper "ipad" sur Youtube pour voir tous ces clients ouvrir l'emballage et donner leurs premières impressions (et certains vont jusqu'à se demander "Will it blend?").



La notion de temps a été modifié par les nouveaux supports de communication, en permettant à la fois de construire une relation sur le long terme et sur le court terme.
Un site Internet de marque sous forme de magazine, un blogue, une application pour téléphone intelligent sont autant de moyens d'accompagner le consommateur dans une relation à long-terme.
Une vidéo qui circule sur Internet, des promotions en ligne, des lancements de produits sont de l'ordre du court terme.

C'est pourquoi il est de plus en plus difficile de parler de "campagne publicitaire", celle-ci étant, par définition, balisée dans le temps et basée sur le schéma linéaire d'un récit. Elle désigne maintenant une façon de faire parmi d'autres. Une campagne "traditionnelle", c'est-à-dire utilisant des médias dits "traditionnels", entre en interaction avec les autres supports qui peuvent être créés sur les réseaux, permettant ainsi une assise primordiale pour la marque dans l'esprit du consommateur. L'identité de la marque peut être rapidement diluée si elle perd le contrôle de son image, et c'est le rôle des agences que de garder une cohérence dans les différents visages d'une marque.

C'est pourquoi les modèles d'affaires qui auront le plus de succès sauront jouer avec ces différentes composantes, en intégrant l'échange constant entre les trois pôles que sont le conseil client, la création et la production, que cette dernière fasse partie intégrante ou non de l'agence. Ces modèles sont dictés d'une part par les technologies, et d'autre part par le consommateur qui reste le seul à pouvoir donner la valeur la plus prisée des marques, celle de l'opinion.

dimanche 25 avril 2010

Télévision : Quel mariage avec Internet?

Dans ce billet de Mediatribe, on constate que le phénomène de convergence des médias continue son ascension. Des partenariats ont été créés en France entre Samsung et TF1 notamment, pour diffuser du contenu provenant du Web directement sur le téléviseur. On pourra ainsi visionner Youtube sans passer par son ordinateur et accéder à des contenus interactifs. Mais où le bât blesse, c'est justement dans le manque d'interactivité. On sait ce que la télévision peut apporter à Internet, mais que peut Internet pour la télévision?

Les succès de plate-forme comme Youtube et Dailymotion ont obligé les chaînes de télévision à se remettre en question. Devenue des concurrentes directes, les chaînes n'ont pas tardé à proposer leurs propres plates-formes, malgré une certaine réticence, car la reprise des émissions sur le Web est un frein pour la rediffusion, qui permet toujours de combler à moindre coût les trous dans la programmation télévisuelle.

Le transfert de contenu de la télévision à Internet a été fulgurant, et les plates-formes de diffusion Web fournissent de plus en plus de contenu indépendamment du petit écran. La preuve en est avec la Web-série "En audition avec Simon" diffusé uniquement sur Tou.tv, mais largement aidée par une forte campagne promotionnelle de Radio-Canada. Ça lui a permis de se placer second dans le nombre de consultations, derrière une populaire série québécoise d'abord diffusée sur le petit écran.

Internet transforme en profondeur nos habitudes de consommation de la télévision. Le principe de la programmation horizontale télévisuelle (des rendez-vous à des heures fixes quotidiennes, hebdomadaires ou mensuels) se retrouve sous une forme parcellaire sur Internet. Le flux peut être subdivisé par autant de canaux disponibles. La diffusion d'un contenu audiovisuel n'oblige pas l'internaute à se retrouver devant son écran d'ordinateur à une heure fixe pour voir une émission, par contre on peut le faire patienter jusqu'à ce que le diffuseur décide de le rendre accessible. Ensuite ce diffuseur doit jouer le jeu du principe fondamentale d'Internet en laissant le contenu disponible un minimum de temps.

La réflexion sur la transmission du message en sens inverse est moins évidente. Même en donnant à la télévision un accès à Internet, comment le téléspectateur peut-il en profiter pleinement, sans clavier ni souris, avec une simple télécommande? 
Deux solutions : ou bien on intègre ces deux éléments à la télévision, auquel cas cela reviendra à naviguer sur le Web avec son téléviseur ; ou alors on propose directement des rubriques (comportant des mots-clés) par des plates-formes pré-sélectionnées et sélectionnable avec une télécommande intelligente. En proposant des widgets sur l'écran, tout l'enjeu est d'arriver à recréer l'expérience Web vidéo en la rendant plus agréable et facilement accessible sur un téléviseur. Les plates-formes Web devront alors s'ajuster pour fournir la qualité requise pour diffusion sur un écran HD (ce que commence déjà à faire Youtube qui propose plusieurs formats de diffusion du plus simple jusqu'à Haute Définition).

Le Web sémantique traversera-t-il la frontière vers la télévision? La recherche par mots-clés ne sera transférable sur un téléviseur si et seulement si le téléspectateur accepte de changer son usage de la télévision, et ce transfert, s'il a lieu, prendra certainement du temps. Cependant on n'avait pas prévu, au moment de l'explosion des téléphones mobiles, du succès de la messagerie texte, avant même l'apparition des téléphones intelligents. Peut-être alors que la plus simple des applications développée dans ce genre de partenariat entre Samsung et TF1 sera l'ouverture à de nouvelles formes d'usages de la télévision.

vendredi 16 avril 2010

Médias : Une question de mots

Le CRTC (Conseil de Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes), organisme public indépendant, s'est prononcé sur les investissements étrangers dans le secteur des télécommunications, en soumettant l'avis qu'une compagnie étrangère ne doit pas posséder plus de 49% de parts d'une compagnie canadienne. Elle propose de nouvelles définitions de ces industries, à l'heure de la multiplication et de l'expansion des différents supports de consommation de produits médiatiques, autrement dit la convergence.

Refuser plus de 49% de capitaux étrangers dans une entreprise de télécommunications canadienne nous laisserait croire à une forme de protectionnisme, en suggérant en même temps une protection de l'industrie culturelle qui fournit ces compagnies de télécommunications : un contenant canadien = un contenu canadien. Cependant on sait que l'équation est fausse car il suffit d'allumer sa télévision pour être submergé de produits médiatiques provenant de l'étranger (principalement des États-Unis) sur des chaînes canadiennes.

Une dépêche de l'agence QMI reprise par le site canoë nous dit que cette décision a été prise par le CRTC car le gouvernement avait accordé une licence à Globalive, contrôlé par l'égyptienne Orascom, alors même que le CRTC l'avait refusé. Pour résumer on passe du refus total à "ok pour 49% d'investissements étrangers" : un net recul du CRTC face au gouvernement.

La deuxième question porte sur la redéfinition des industries de télécommunications : les lois canadiennes les régissant faisait la distinction entre "radiodiffusion" et "télécommunication", autrement dit, nous dit le CRTC, entre "le contenu et la distribution". Il me semble pourtant que la "radiodiffusion" et la "télécommunication" sont plutôt deux formes de distributions de contenus. Au moment de ces définitions, on voulait sûrement distinguer la radio du téléphone, à peu près dans les années 1930? Il était temps que le CRTC les revoit.

Car cette question d'investissements étrangers et de redéfinition peut avoir de lourdes conséquences sur toute l'industrie culturelle canadienne, qu'elle soit francophone ou anglophone. Si une compagnie étrangère possède 49% d'une compagnie canadienne, n'aurait-elle pas un poids certain, dans un conseil d'administration, pour imposer un contenu provenant de son pays? L'idéal pour une entreprise de contenant (le média) n'est-il pas de vendre son propre contenu (ses propres productions médiatiques) déjà produit, emballé et prêt à être diffusé?

C'est cette distinction maladroite entre contenu et distribution qui doit rester la seule valide et c'est pourtant celle-là que le CRTC veut laisser tomber. Le contenu n'est plus disponible que sur un seul canal, mais sur de nombreux autres. L'exemple de tou.tv, sans parler des nombreuses chaînes qui diffusent sur Internet gratuitement, en est l'exemple le plus flagrant et sa popularité n'est que la preuve de l'évolution des médias. Les expériences de lecture, télévisuelle ou radiophonique ne sont plus l'exclusivité des seuls imprimés, radios et télévisions. L'imprimé se lit aussi sur l'ipad ou le kindle, la radio s'écoute en baladodiffusion et la télévision sur le Web. Ce qui change c'est le média d'une part, la manière de consommer d'autre part, mais pas le contenu.

C'est sur ce point précis que la distinction doit être faite entre contenu et contenant pour empêcher une entreprise de télécommunications, qu'elle ait des capitaux étrangers ou non, de fournir sans limite du contenu étranger. Et si le CRTC ne fait pas ce travail, ce n'est pas Ottawa qui va le faire pour lui. Le gouvernement fédéral a d'ailleurs autorisé cette semaine le plus grand libraire en ligne, Amazon, à ouvrir un entrepôt au Canada. Certes elle a l'obligation d'injecter 1.5 millions de dollars dans la culture canadienne, de faire la promotion d'auteurs canadiens et de s'associer à des événements culturels mais elle ne va sûrement pas faire fi de son imposant catalogue de littérature étrangère. C'est donc peu cher payé, 1.5 millions de dollars, pour faciliter la vente d'un catalogue en provenance des États-Unis déjà très présent chez de nombreux libraires.

On croyait le débat entre contenu et contenant enterré par l'explosion des nouveaux médias. Hors il est plus que jamais d'actualité lorsque les organismes et instances politiques ne savent pas les distinguer. "Libéraliser" une industrie comme celle des télécommunications n'est pas seulement faciliter les échanges commerciaux, c'est surtout définir les cadres de ces échanges et ce qui peut ou ne peut pas être échangé dans ces cadres.

lundi 22 mars 2010

Télévision : Mais que fait-donc le CRTC?


C'est aujourd'hui que le Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes (CRTC) devait prendre une décision sur la demande des chaînes généralistes de recevoir une redevance de la part des câblodistributeurs.

La problématique est la suivante : les chaînes du câble reçoivent une redevance de la part des câblodistributeurs (Pour nommer les plus grosses artilleries, Bell et Vidéotron) mais pas les chaînes généralistes (TVA, V, Télé-Québec, CTV, Global, CBC-Radio-Canada) qu'on peut capter, au Québec, avec nos belles oreilles de lapins, mais qui sont quand même diffusées sur le câble. On pourrait donc trouver la demande des chaînes généralistes légitime de percevoir un peu d'argent puisqu'elles vendent leurs temps d'antennes aux câblodistributeurs.

Le CRTC décide donc cet après-midi d'ouvrir une "table de négociation" entre les chaînes généralistes et les câblodistributeurs pour déterminer si redevance ou pas il y aura et si il y a quel serait le montant reversé aux chaînes. Le CRTC exclut évidemment CBC-Radio Canada car étant de nature publique, le réseau canadien reçoit d'une part un montant annuel du gouvernement fédéral, et d'autre part n'a pas les moyens de négocier car il n'a pas le pouvoir (ou le droit?) de retirer sa diffusion des antennes des câblodistributeurs. Il semble pourtant que le réseau public en a le plus besoin, étant donné les coupes budgétaires et les pertes d'emploi qu'il a du subir lors de l'année de crise économique mondiale 2009...

Mais là n'est pas où je veux venir :
D'abord je m'interroge sur le CRTC : N'est-il pas son rôle de prendre des décisions dans ce genre d'affaire? Ne doit-il pas trancher plutôt que de dire aux uns et aux autres "débrouillez-vous entre vous!"?
Si sa mission est de "veiller à ce que les systèmes de la radiodiffusion et des télécommunications répondent aux besoins du public canadien" (dixit le site du CRTC), ne devrait-il pas trancher en faveur du public, en évitant une augmentation des tarifs du câble (déjà très chers au Canada) qui ne serait que la logique conséquence du versement de redevances par les câblos aux chaînes généralistes? Il est vrai que toutes les chaînes ont perdus des recettes publicitaires en 2009, la crise a touché tous les secteurs, mais cela veut-il forcément dire que les chaînes vont continuer de perdre de l'argent en 2010? Et que les consommateurs vont devoir payer pour ça?

D'autre part, en laissant ouvert une table de négociations, on peut se poser des questions sur la légitimité des échanges : TVA, qui fait partie des chaînes réclamant qu'on lui verse une redevance, appartient au géant Québecor, et Québecor possède Vidéotron, l'un si ce n'est le plus gros câblodistributeur canadien (plus de 1.7 millions d'abonnées au Québec seulement et entrée prochaine sur le marché du mobile en 2010...). Je pense que les deux vont bien s'entendre... Mais il reste encore un gros joueur dans cette table avec Bell qui a été en prise avec des problèmes d'images (rappelez-vous les castors...) et de constantes restructurations et qui cherche sûrement à faire des économies après des investissements dans de nouvelles technologies (son nouveau service Internet "fibe" de fibre optique). En espérant que cette "table de négociation" favorise le consommateur, même si le CRTC a décidé de laisser ces échanges dans les mains de la loi du marché...

jeudi 18 mars 2010

Télévision : La mort en direct


Ça a fait un buzz dans le monde des médias francophones, je veux parler de l'émission "Zone extrême" diffusée hier soir mercredi le 17 mars sur une chaîne publique française.

Pour ceux à qui ça aurait pu échapper, l'émission est un jeu de questions/réponses légèrement sadique. Un participant doit répondre correctement aux questions qui lui sont posées, mais lorsqu'il répond à côté, il reçoit une décharge électrique envoyée par un autre participant, à la demande de l'animatrice et du public présent dans le studio. Chaque nouvelle mauvaise réponse augmente le voltage et donc la douleur exprimée. Évidemment tout cela est faux, pas de voltage, pas de douleur (le participant est un acteur), mais ça, l'individu qui envoie la décharge n'est pas supposé le savoir. 80 personnes ont fait le test, et plus de 80% d'entre eux vont jusqu'à envoyer une décharge qui théoriquement envoie six pieds sous terre celui qui la reçoit.
C'est une expérience qui avait déjà été réalisée en laboratoire par Stanley Milgram dans les années 60, pour tester les effets de l'autorité sur les actions d'un individu. Ce scientifique avait obtenu des résultats très semblables à ce que montre l'émission.

Je n'ai pas vu l'émission, mais j'imagine très bien les effets télévisuels utilisés pour amplifier les effets primaires de peur voulu sur les téléspectateurs : musique dramatique, animatrice qui en rajoute, public qui en veut plus, montage habile, etc.
Il est énervant de voir qu'une émission d'une banalité affligeante puisse choquer à ce point. C'est un sujet qui a déjà été traité et ce depuis longtemps, il suffit de voir le film de Bertrand Tavernier, qui, en 1980, époque où la téléréalité n'existait pas encore, parlait de l'avenir de la télévision où on y montrerait "La mort en direct" (Deathwatch).

Alors je prends la défense de la télévision, qu'on accuse d'aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort, d'exercer une "pression médiatique" tout ça pour satisfaire l'audience.
La télévision est en train de subir une transformation profonde depuis l'explosion et l'expansion inexorable d'Internet, et cette émission n'est qu'un des derniers soubresauts d'une forme de télévision qui est en train de disparaître. Ce n'est sûrement pas avec ça qu'elle va se renouveler, mais plutôt dans d'excellents documentaires, reportages, séries (voir la production américaine ces dernières années sur les HBO et autres Showtime), ou encore la retransmission d'événements sportifs ou de cérémonies en direct, qui reste la grande spécialité de ce média.

La téléréalité n'est pas un phénomène nouveau, cela fait maintenant 20 ans qu'elle existe (dont les prémices apparaissent dans les "reality-shows", cf. François Jost, L'Empire du loft) et on continue encore de l'accuser de sensationnalisme, alors que la plupart de ces émissions sont maintenant montées et "mises en fiction" avec des personnes (oui certes bien réelles) à qui on donne des rôles. Qui regarderait des gens dans un château, une maison ou un appartement sans qu'on ne leur donne rien à faire, juste pour les voir satisfaire leurs besoins les plus élémentaires! On le fait par curiosité, puis on finit par se lasser, parce que l'éphémérité devient la plus grande valeur de nos médias actuels.

dimanche 14 mars 2010

Pourquoi médiatactiques


Il y a une chose que j'ai remarqué, c'est qu'on ne parle pas assez des médias. C'est la raison d'être de ce blog. Il centrera son intérêt plus particulièrement sur les médias québécois et canadiens. Évidemment quand je parle des médias, ce sont tous les médias : presse, radio, télévision, affiches, Internet, en bref tout ce qui communique de l'information, que ce soit à but mercantile ou non, dans l'espace public. C'est mon souhait le plus profond ici : parler, penser et faire travailler les médias.

Les points de vue adoptés seront multiples, car je suis un adepte de la pluridisciplinarité, à travers laquelle je construis mon cheminement intellectuel et qui me semble donc essentiel à n'importe quelle exposition d'information.

Mon intérêt naturel se penche plus vers l'impact social des médias, à travers les divers traitements d'information, notamment comment une information est traitée dans tel média vis-à-vis d'autres médias : Comment, par exemple, TVA traite telle information par rapport à Radio-Canada, quelle rôle l'image, le journaliste ou encore le son jouent-ils? Évidemment toutes ces observations seront propices aux critiques, puisque réalisées avec les moyens du bord, mes seuls yeux et mon seul cerveau (et quelques outils théoriques).

Je m'intéresse aussi aux relations que les médias ont avec l'argent, comment la publicité s'insère t-elle dans, entre ou à travers l'information diffusée et quel biais introduit-elle dans l'information.

Bref je veux faire de ce lieu proprement médiatique, un lieu des médias, un observatoire où se juxtaposeront des analyses et des commentaires sur l'actualité des médias.

Je n'ai pas la prétention de faire ici un centre d'éducation des médias, qui est à mon avis une discipline qui dans notre époque devrait être enseignée dans toutes les écoles, plutôt que de donner un inutile "cours d'éthique et de culture religieuse", car nous sommes chaque jour exposé à de multiples informations sans se poser la question de savoir comment elles ont été véhiculées. Je veux ici un lieu de réflexions, d'échanges, un lieu "d'arrêt sur images" (référence à la défunte émission française de Daniel Schneidermann) pour prendre le temps d'analyser, de lire, de voir au comment et au pourquoi de la transmission d'information. Des informations dont les journalistes doivent faire le tri, comme le disait Steve Proulx dans un article du Voir du 11/03/2010, mais qui ne le font plus car l'espace est suffisamment grand pour ne plus filtrer. Cette affirmation est d'ailleurs à nuancer aussi grand que l'espace soit, car il faut guider le client (le "mangeur d'information" : le public) et lui dire qu'il faut qu'il bouffe la nôtre et pas celle du du voisin parce que la notre, elle est bien meilleure!

Voilà en tout cas le genre de sujet qui m'intéresse et qui (je l'espère!) amènera des débats d'idées et de nombreuses réflexions sur la place cruciale qu'ont les médias dans nos sociétés.