Dans ce billet de Mediatribe, on constate que le phénomène de convergence des médias continue son ascension. Des partenariats ont été créés en France entre Samsung et TF1 notamment, pour diffuser du contenu provenant du Web directement sur le téléviseur. On pourra ainsi visionner Youtube sans passer par son ordinateur et accéder à des contenus interactifs. Mais où le bât blesse, c'est justement dans le manque d'interactivité. On sait ce que la télévision peut apporter à Internet, mais que peut Internet pour la télévision?
Les succès de plate-forme comme Youtube et Dailymotion ont obligé les chaînes de télévision à se remettre en question. Devenue des concurrentes directes, les chaînes n'ont pas tardé à proposer leurs propres plates-formes, malgré une certaine réticence, car la reprise des émissions sur le Web est un frein pour la rediffusion, qui permet toujours de combler à moindre coût les trous dans la programmation télévisuelle.
Le transfert de contenu de la télévision à Internet a été fulgurant, et les plates-formes de diffusion Web fournissent de plus en plus de contenu indépendamment du petit écran. La preuve en est avec la Web-série "En audition avec Simon" diffusé uniquement sur Tou.tv, mais largement aidée par une forte campagne promotionnelle de Radio-Canada. Ça lui a permis de se placer second dans le nombre de consultations, derrière une populaire série québécoise d'abord diffusée sur le petit écran.
Internet transforme en profondeur nos habitudes de consommation de la télévision. Le principe de la programmation horizontale télévisuelle (des rendez-vous à des heures fixes quotidiennes, hebdomadaires ou mensuels) se retrouve sous une forme parcellaire sur Internet. Le flux peut être subdivisé par autant de canaux disponibles. La diffusion d'un contenu audiovisuel n'oblige pas l'internaute à se retrouver devant son écran d'ordinateur à une heure fixe pour voir une émission, par contre on peut le faire patienter jusqu'à ce que le diffuseur décide de le rendre accessible. Ensuite ce diffuseur doit jouer le jeu du principe fondamentale d'Internet en laissant le contenu disponible un minimum de temps.
La réflexion sur la transmission du message en sens inverse est moins évidente. Même en donnant à la télévision un accès à Internet, comment le téléspectateur peut-il en profiter pleinement, sans clavier ni souris, avec une simple télécommande?
Deux solutions : ou bien on intègre ces deux éléments à la télévision, auquel cas cela reviendra à naviguer sur le Web avec son téléviseur ; ou alors on propose directement des rubriques (comportant des mots-clés) par des plates-formes pré-sélectionnées et sélectionnable avec une télécommande intelligente. En proposant des widgets sur l'écran, tout l'enjeu est d'arriver à recréer l'expérience Web vidéo en la rendant plus agréable et facilement accessible sur un téléviseur. Les plates-formes Web devront alors s'ajuster pour fournir la qualité requise pour diffusion sur un écran HD (ce que commence déjà à faire Youtube qui propose plusieurs formats de diffusion du plus simple jusqu'à Haute Définition).
Le Web sémantique traversera-t-il la frontière vers la télévision? La recherche par mots-clés ne sera transférable sur un téléviseur si et seulement si le téléspectateur accepte de changer son usage de la télévision, et ce transfert, s'il a lieu, prendra certainement du temps. Cependant on n'avait pas prévu, au moment de l'explosion des téléphones mobiles, du succès de la messagerie texte, avant même l'apparition des téléphones intelligents. Peut-être alors que la plus simple des applications développée dans ce genre de partenariat entre Samsung et TF1 sera l'ouverture à de nouvelles formes d'usages de la télévision.
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dimanche 25 avril 2010
jeudi 25 mars 2010
Internet : Earth Hour et l'Heure de la Terre 2010

Et la WWF récidive encore une fois cette année avec son « earth hour » ce samedi. Je dois avouer que c’est une belle initiative, et que d’un point de vue marketing, c’est tout simplement génial. C’est un acte que tout le monde comprend, un acte hautement symbolique qui joint des millions de personnes en un clic (et pas celui de l’ordinateur mais bien celui de l’interrupteur).
Samedi 27 mars, 20h30, j’éteins tout. Parce que les glaciers fondent. Parce que le climat change et dévaste villes et pays. Parce qu'à Copenhague, ils n'ont rien compris et ils ont rien faits ces politiques. Parce que surtout c’est bien d’être vert.
Je veux m’informer, et en tapant WWF sur notre amie le moteur de recherche, on trouve quantité d’articles en français, alors je suis allé voir du côté des sites Internet de la WWF : celui qui provient de France et celui qui provient du Canada.
Et je dois tout de suite donner la palme à WWF France (aucun chauvinisme ici) qui grâce à une excellente agence de publicité que je ne citerais pas ici, a eu la bonne idée de créer un site complètement dédiée au earth hour, dans lequel on retrouve des photos, des vidéos, des choses à faire avant et pendant (et après, ça vous regarde). Mais il y a surtout une incitation très forte à bloguer et à aller sur les réseaux sociaux pour partager son action et tout ce qu’on sait sur l’écologie. Hors quoi de mieux que de prêcher la bonne parole par les meilleurs des bouches-à-oreilles mondiaux?
Je ne parlerais pas du design du site, assez sobre, simple et sommaire, à l’image de l’événement (n’oublions pas le logo de la WWF omniprésent sur chaque page) mais plutôt du jeu-concours qui montre quand même que l’environnement est un bon business. Prendre une photo avant et pendant que les lumières sont éteintes et le/la meilleur(e) photographe remportera devinez quoi? Un appareil photo ou une caméra. Et on dit merci qui? Merci Sony!
Retraversons maintenant l’Atlantique : earth hour Canada n’est d’abord qu’une rubrique dans la page d’accueil de WWF. Bon, cliquons. On a traduit « earth hour » par « L’Heure pour la Terre 2010 », ça commence bien et on nous propose de s’inscrire, oui mais pourquoi? Qu’à cela ne tienne, je clique pour m’inscrire. Déception c’est en anglais… Mais on est tout de même redirigé vers le site canadien dédié au earth hour. C’est aussi un site collaboratif : on peut poster des commentaires, partager nos actions quotidiennes pour l’environnement, mais aucune incitation vers les réseaux sociaux, juste, dans un tout petit coin, les logos de Twitter, Flickr et Youtube. Que de déceptions pour autant de clics.
Pire, on nous propose de télécharger une application Blackberry pour rester en contact durant l’heure avec de l’information en continue, des événements locaux et d’autres participants à travers le monde. Le but n’est-il pas de l’éteindre, justement, le Blackberry?
WWF France a tout à fait compris la puissance de l’image du petit panda, et qu’il suffisait de simplement envoyer une petit vague pour la faire circuler. Le panda canadien, quant à lui, a un peu plus de chemin à faire.
En tout cas samedi soir, ma conscience et moi (qui recycle, qui utilise des ampoules fluo compactes, qui prend des douches et me déplace en transport en commun et en vélo et n’a pas de voiture), on va sûrement regarder un duel opposant certains diables et une certaine Sainte, en espérant que le Bien l’emporte, tout comme l’action sur les changements climatiques!
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