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jeudi 25 mars 2010

Internet : Earth Hour et l'Heure de la Terre 2010


Et la WWF récidive encore une fois cette année avec son « earth hour » ce samedi. Je dois avouer que c’est une belle initiative, et que d’un point de vue marketing, c’est tout simplement génial. C’est un acte que tout le monde comprend, un acte hautement symbolique qui joint des millions de personnes en un clic (et pas celui de l’ordinateur mais bien celui de l’interrupteur).

Samedi 27 mars, 20h30, j’éteins tout. Parce que les glaciers fondent. Parce que le climat change et dévaste villes et pays. Parce qu'à Copenhague, ils n'ont rien compris et ils ont rien faits ces politiques. Parce que surtout c’est bien d’être vert.

Je veux m’informer, et en tapant WWF sur notre amie le moteur de recherche, on trouve quantité d’articles en français, alors je suis allé voir du côté des sites Internet de la WWF : celui qui provient de France et celui qui provient du Canada.

Et je dois tout de suite donner la palme à WWF France (aucun chauvinisme ici) qui grâce à une excellente agence de publicité que je ne citerais pas ici, a eu la bonne idée de créer un site complètement dédiée au earth hour, dans lequel on retrouve des photos, des vidéos, des choses à faire avant et pendant (et après, ça vous regarde). Mais il y a surtout une incitation très forte à bloguer et à aller sur les réseaux sociaux pour partager son action et tout ce qu’on sait sur l’écologie. Hors quoi de mieux que de prêcher la bonne parole par les meilleurs des bouches-à-oreilles mondiaux?

Je ne parlerais pas du design du site, assez sobre, simple et sommaire, à l’image de l’événement (n’oublions pas le logo de la WWF omniprésent sur chaque page) mais plutôt du jeu-concours qui montre quand même que l’environnement est un bon business. Prendre une photo avant et pendant que les lumières sont éteintes et le/la meilleur(e) photographe remportera devinez quoi? Un appareil photo ou une caméra. Et on dit merci qui? Merci Sony!

Retraversons maintenant l’Atlantique : earth hour Canada n’est d’abord qu’une rubrique dans la page d’accueil de WWF. Bon, cliquons. On a traduit « earth hour » par « L’Heure pour la Terre 2010 », ça commence bien et on nous propose de s’inscrire, oui mais pourquoi? Qu’à cela ne tienne, je clique pour m’inscrire. Déception c’est en anglais… Mais on est tout de même redirigé vers le site canadien dédié au earth hour. C’est aussi un site collaboratif : on peut poster des commentaires, partager nos actions quotidiennes pour l’environnement, mais aucune incitation vers les réseaux sociaux, juste, dans un tout petit coin, les logos de Twitter, Flickr et Youtube. Que de déceptions pour autant de clics.
Pire, on nous propose de télécharger une application Blackberry pour rester en contact durant l’heure avec de l’information en continue, des événements locaux et d’autres participants à travers le monde. Le but n’est-il pas de l’éteindre, justement, le Blackberry?

WWF France a tout à fait compris la puissance de l’image du petit panda, et qu’il suffisait de simplement envoyer une petit vague pour la faire circuler. Le panda canadien, quant à lui, a un peu plus de chemin à faire.
En tout cas samedi soir, ma conscience et moi (qui recycle, qui utilise des ampoules fluo compactes, qui prend des douches et me déplace en transport en commun et en vélo et n’a pas de voiture), on va sûrement regarder un duel opposant certains diables et une certaine Sainte, en espérant que le Bien l’emporte, tout comme l’action sur les changements climatiques!

jeudi 18 mars 2010

Télévision : La mort en direct


Ça a fait un buzz dans le monde des médias francophones, je veux parler de l'émission "Zone extrême" diffusée hier soir mercredi le 17 mars sur une chaîne publique française.

Pour ceux à qui ça aurait pu échapper, l'émission est un jeu de questions/réponses légèrement sadique. Un participant doit répondre correctement aux questions qui lui sont posées, mais lorsqu'il répond à côté, il reçoit une décharge électrique envoyée par un autre participant, à la demande de l'animatrice et du public présent dans le studio. Chaque nouvelle mauvaise réponse augmente le voltage et donc la douleur exprimée. Évidemment tout cela est faux, pas de voltage, pas de douleur (le participant est un acteur), mais ça, l'individu qui envoie la décharge n'est pas supposé le savoir. 80 personnes ont fait le test, et plus de 80% d'entre eux vont jusqu'à envoyer une décharge qui théoriquement envoie six pieds sous terre celui qui la reçoit.
C'est une expérience qui avait déjà été réalisée en laboratoire par Stanley Milgram dans les années 60, pour tester les effets de l'autorité sur les actions d'un individu. Ce scientifique avait obtenu des résultats très semblables à ce que montre l'émission.

Je n'ai pas vu l'émission, mais j'imagine très bien les effets télévisuels utilisés pour amplifier les effets primaires de peur voulu sur les téléspectateurs : musique dramatique, animatrice qui en rajoute, public qui en veut plus, montage habile, etc.
Il est énervant de voir qu'une émission d'une banalité affligeante puisse choquer à ce point. C'est un sujet qui a déjà été traité et ce depuis longtemps, il suffit de voir le film de Bertrand Tavernier, qui, en 1980, époque où la téléréalité n'existait pas encore, parlait de l'avenir de la télévision où on y montrerait "La mort en direct" (Deathwatch).

Alors je prends la défense de la télévision, qu'on accuse d'aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort, d'exercer une "pression médiatique" tout ça pour satisfaire l'audience.
La télévision est en train de subir une transformation profonde depuis l'explosion et l'expansion inexorable d'Internet, et cette émission n'est qu'un des derniers soubresauts d'une forme de télévision qui est en train de disparaître. Ce n'est sûrement pas avec ça qu'elle va se renouveler, mais plutôt dans d'excellents documentaires, reportages, séries (voir la production américaine ces dernières années sur les HBO et autres Showtime), ou encore la retransmission d'événements sportifs ou de cérémonies en direct, qui reste la grande spécialité de ce média.

La téléréalité n'est pas un phénomène nouveau, cela fait maintenant 20 ans qu'elle existe (dont les prémices apparaissent dans les "reality-shows", cf. François Jost, L'Empire du loft) et on continue encore de l'accuser de sensationnalisme, alors que la plupart de ces émissions sont maintenant montées et "mises en fiction" avec des personnes (oui certes bien réelles) à qui on donne des rôles. Qui regarderait des gens dans un château, une maison ou un appartement sans qu'on ne leur donne rien à faire, juste pour les voir satisfaire leurs besoins les plus élémentaires! On le fait par curiosité, puis on finit par se lasser, parce que l'éphémérité devient la plus grande valeur de nos médias actuels.