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vendredi 15 octobre 2010

Les médias sociaux en forte progression au Québec

Selon une enquête NETendances, 78% des québecois ont fréquenté ou contribué à un réseau social en 2010. Toujours selon cette enquête, ce sont 74% des internautes québecois qui se disent influencés par ce qu'ils y lisent, une manne pour les entreprises et un chiffre qui saura les convaincre de faire des investissements publicitaires en ligne.

Le réseau le plus socialement répandu, Facebook, ainsi que le réseau professionnel LinkedIn enregistre les plus forts taux de croissance. Il faut croire que ces réseaux permettent un suivi plus facile de l'activité de ¨réseautage¨ dans l'activité de recherche d'emploi.

Cependant le réseau de microblogging Twitter n'est utilisé que par 11% des internautes québécois, et la majorité d'entre eux ont, toujours selon l'étude, entre 18 et 24 ans. On pourrait peut-être penser que l'utilisation de Twitter est à un stade encore professionnel. Beaucoup de journalistes ont un compte Twitter qu'ils mettent à jour très régulièrement, et comme l'explique cet article des inrocks, c'est un tremplin pour se construire une notoriété et un bon moyen, encore une fois, de trouver du travail lorsque on oeuvre dans le marché des communications.

Il sera intéressant de suivre les autres études qui permettront de mettre en erxergue la vraie relation des internautes avec les médias sociaux, de la manière avec laquelle ils intéragissent avec les entreprises et quelle véritable valeur ajoutée auront-elles pour les québécois.

mardi 4 mai 2010

Télévision : Canwest ajoute une aile à son château

La crise économique continue de sévir. Shaw Communications vient d'acquérir les propriétés télévisuelles de Canwest, qui accusait une dette en 2009 de 3.9 milliards de dollars. Elle avait obtenu en automne dernier la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. Petit retour sur une guerre à coup de millions... de communications.

- Comment Shaw prend le contrôle.

Shaw est présent dans la plupart des provinces canadiennes excepté le Québec. Basé en Alberta, elle a depuis sa création en 1966 conquérit le marché des câblodistributeurs. Elle a conclu dans les années 1990 un pacte de non-compétitivité avec Rogers qu'elle met fin en juillet 2009 avec l'acquisition de Mountain Cablevision en Ontario.

Shaw est aussi un radiodiffuseur et un télédiffuseur, d'abord par satellite, puis par câble. Elle acquiert en 2009 trois stations de télévision appartenant au groupe CTVglobemedia. Elle développe son réseau pour diffuser des canaux HD. Elle a obtenu l'autorisation en 2008 de construire un réseau de mobilité sans fil, la majorité dans l'ouest canadien.

- Qui est Canwest.

Canwest est aussi un câblodistributeur, possède de nombreux journaux et magazines (The Gazette à Montréal, le National Post ou le Ottawa Citizen, entre autres) et plusieurs stations de télévision dont Global, la plus importante, présente partout à travers le Canada, y-compris le Québec.

- Le poisson Canwest péché par un plus gros poisson?

Il semble que oui. Encore aujourd'hui Torstar, propriétaire du Toronto Star, viendrait de faire une offre pour acheter les éditions produites par Canwest, incluant les journaux précités. En achetant les propriétés télévisuelles de Canwest, Shaw se paie une présence média pancanadienne. "Nous croyons que la combinaison de contenu avec nos réseaux TV câble et satellite, et bientôt notre service sans fil, nous placera à la tête des compagnies de communication et de divertissement au Canada." a déclaré Jim Shaw, Président de Shaw, via un communiqué repris par Argent. Rien que ça...

- Quel avenir pour les régions

Cette acquisition pose indirectement la question des médias régionaux. Comment un si gros acteur peut-il encore investir dans des contenus locaux lorsque des contenus nationaux ont un prix de revient moins cher. Il faudrait alors légiférer afin qu'une corporation de cette taille investisse dans les productions locales (essayons d'être optimistes!). En regardant la grille de programmation de Global, on y voit de nombreuses productions provenant des États-Unis, pas vraiment rassurant lorsqu'on regarde le passé de Shaw Communications, qui ne cherche, avec ses nombreuses acquisitions, qu'à devenir l'unique fournisseur Internet, radio, télévision dans tout le Canada.

- Des médias Shaw en français?

Sa future présence au Québec devient une porte d'entrée géographique vers les provinces maritimes, où elle possède déjà plusieurs compagnies de câbles. Pour une présence plus marquée au Québec, Shaw n'aura pas le choix de prendre en compte les particularités linguistiques, sociales et culturelles de la province. Car son incursion dans la Belle Province est sûrement un moyen de devenir un acteur de la distribution d'Internet et du sans-fil, surtout lorsque certaines villes n'ont toujours pas accès à une connexion haute vitesse...

La convergence économique n'est jamais bon signe du point de vue de la production d'informations, car justement elle va n'offrir qu'un seul point de vue, certes sous des formes différentes. Les canaux ont beau être multiples, si la source reste la même, le choix importe peu. Le contrôle des communications est la pierre angulaire des nations, et si elle reste la main d'une seule personne, prenons garde alors à la pensée unique.

vendredi 30 avril 2010

Médias : Peut-on faire confiance aux Canadiens de Montréal?

Une éclipse médiatique, c'est lorsque une nouvelle retient la majorité de l'attention des médias. L'élimination, au hockey, des Capitals de Washington par les Canadiens de Montréal mercredi 28 avril a occupé, selon Influence Communication, jusqu'à 82% de l'espace médiatique. Une aubaine pour certaines entreprises qui en profitent pour faire circuler une mauvaise nouvelle qui passera inaperçue ou presque dans les salles de rédaction, surtout lorsque d'autres éclipses sont à prévoir pour les prochains matchs qui opposeront le CH à leurs prochains adversaires. Peut-on alors parler d'exhaustivité en matière d'information?

Certaines nouvelles méritaient un peu plus de développement. Par exemple, lundi 26 avril, avant le match éliminatoire, le maire d'Outremont était arrêté dans le cadre de l'opération Marteau, qui vise à faire le ménage dans l'industrie de la construction. Fraude, abus de confiance et fabrication de faux documents sont ses chefs d'accusation. Pas de suite de l'affaire depuis lundi, excepté aujourd'hui vendredi, dans un article de La Presse qui ne fait plus référence au maire d'Outremont mais à une opération en cours de l'escouade Marteau dans la ville de Québec.

On a vu les maires de Montréal et Québec, le Mardi 27 avril, en visite à Chicago pour signer une résolution contre les armes à feu. La nouvelle n'a pas fait long feu et pour cause, ce sont deux villes où les taux de criminalité sont parmi les plus bas en Amérique du Nord....

On a pu échapper au lancement du deuxième album de Jonathan Roy (qui s'en plaindrait?), au succès de l'opération Montreal.net, un cheval de bataille qu'affectionne particulièrement Gerald Tremblay. Il y a eu également un peu de mouvement dans l'affaire qui opposent les journalistes du Journal de Montréal à leur patron Quebecor.

Mais cette éclipse est aussi génératrice d'informations, comme les débordements (prévisibles) dans le centre-ville de Montréal suite à la victoire des Canadiens, ou encore l'évacuation, le lendemain du match, de 200 personnes d'un immeuble suite à des odeurs incommodantes, probablement du gaz poivre lancé par les policiers la veille qui se serait répandu, sans parler des multiples et infinies débats sur les prédictions des prochains matchs à venir.

Ce bref aperçu montre que le public consommateur d'informations est encore sous l'emprise des grands médias que sont la presse, la télévision et la radio. Les sources d'information des réseaux sociaux, des blogues et autres fils d'actualités restent entre les mains des agences de presse, qui vendent l'information aux salles de rédaction qui décident de ce qui va être ou non traitable et diffusable. Autrement dit, l'espace médiatique est encore trop restreint, malgré la multiplication des canaux. Parce que cette infinité trouve finalement sa limite dans l'attention que l'on peut porter aux nouvelles. Trop de choix tue le choix et il est toujours plus agréable, lorsqu'on n'est pas expert, que l'on choisisse pour nous plutôt que de faire notre propre choix.
C'est le travail d'un rédacteur en chef, et même si on peut gérer ses propres fils de nouvelles, n'est pas rédacteur en chef qui veut. 

Le travail des journalistes est-il de faire tout voir et tout entendre? Il perdrait son lectorat si tel était le cas. La preuve en est la réduction en nombre de caractères des articles parues, sans parler des formats en ligne, et aussi de ce propre blogue, pour lequel j'essaie toujours de restreindre et de synthétiser le plus mes idées. Twitter en est l'extrême, 140 caractères pour délivrer une information, difficile de faire plus court. Les médias permettent une hyperspécialisation de l'information, ce dont la télévision par câble et ses chaînes thématiques étaient précurseurs, et c'est idéal lorsqu'on peut trouver une information précise et ses cohortes d'experts qui l'accompagnent.

Les médias ont le droit de prétendre à l'exhaustivité, mais ce n'est qu'un attribut qui leur est propre et c'était l'argument de vente principale des fournisseurs d'accès à Internet dans les années 1990. Ça ne dépend pas de ce qu'une équipe de communicateurs peut faire. Ce qu'ils font, c'est sélectionner, juger de la pertinence, traiter, diffuser. L'information pure n'existe pas, l'information est un événement qui a été traité.

Quand on regarde un film ou qu'on lit un roman on accepte facilement d'entrer dans l'histoire car nous savons que c'est une fiction. C'est la même chose, dans une moindre mesure, pour l'information, et ce n'est pas pour rien si les anglophones utilisent le terme "story" pour désigner une nouvelle. On doit malgré tout faire confiance aux médias, en gardant en tête que quoi qu'il arrive, sans être non plus constamment sceptique, que toute information est manipulée, et que le point de vue adoptée n'en est qu'un parmi d'autres. La multiplication des sources et des points de vue peuvent alors devenir une des garanties de la valeur d'information.

vendredi 23 avril 2010

Publicité : Bud Light veut faire boire le Québec

C'est Infopresse qui rapporte cette nouvelle : L'une des bières les plus vendues au monde, Bud Light, appartenant au géant Labatt, veut développer son image au Québec. Et il faut croire qu'elle a bien choisit son agence, Publicis, dont la réputation n'est plus à faire. Cette dernière travaille déjà avec les bières Keith's, Igloo et Labatt Blue, appartenant toutes au même brasseur.

Pourtant, si la marque semble bien se porter, elle a de sérieux concurrents tant au niveau canadien, avec les frères Molson, dont l'opération de l'année 2009 aura été de racheter des parts de l'équipe de hockey des canadiens de Montréal, mais aussi avec les bières de microbrasseries de plus en plus prisées, tel Boréal, qui depuis 2008 se met à faire de la publicité à la télévision, preuve d'une ascension fulgurante.



Pour ceux qui ne serait pas familiés avec ce genre de publicité, celle-ci faisait référence à une annonce pour Bud Light, où justement l'étiquette changeait de couleur lorsqu'elle était bien froide.
On remarque d'ailleurs qu'elle tranche avec la plupart des publicités pour la bière par son extrême simplicité et l'utilisation d'un personnage féminin pour la présenter.

La bière est un produit un peu à part dans le monde de la publicité. Sa cible : L'homme dans des environnements où il doit se sentir toujours le plus à l'aise, soit un bar, chez lui, ou bien encore sur un toit avec une bande d'amis.



Molson a lancé le concept "bière de Serge" en 2007, et grâce aux parts qu'elle possède dans l'équipe des canadiens de Montréal, elle a pu facilement associer son produit avec le sport préféré des canadiens, avec toute cette connotation autour de la notion de plaisir.

Certaines marques, selon leurs provenances, vont jusqu'à intégrer l'image de la femme dans leurs spots avec cette touche de glamour, toujours pour le plus grand bonheur du consommateur hétéro-sexuel.



J'avoue beaucoup apprécier cette publicité, malgré l'élément comparateur légèrement sexiste utilisé pour vanter l'élégance et le raffinement d'une mousse...

Bud Light, quant à elle, mise tout dans le marketing de son produit, car on sait que ce genre de bière n'est ni la plus subtile ni la plus goûteuse. Elle fait donc des apparitions pendant le sacro-saint superbowl, pour lequel les grandes marques rivalisent de génie afin de se tailler une méchante part publicitaire.
Bud Light choisit donc de faire dans l'humour, en pratiquant l'autodérision masculine en s'asseyant littéralement sur l'image de la femme comme faire-valoir de la marque.



Et le concept fonctionne! Dans cette création plus récente, la bière change complètement de milieu en s'insérant dans des bureaux où, pour recevoir une Bud Light, le personnel doit faire un don un peu particulier.




On s'attend donc à ce que Publicis prenne le pas sur l'image que Bud Light s'est donné au fil des années, surtout après que le brasseur ait annoncé la fermeture, à partir du 30 avril, de sa brasserie Lakeport, à Hamilton en Ontario, faisant ainsi perdre leurs emplois à 143 personnes dont plus des 2/3 étaient déjà à temps partiel. Si la nouvelle n'a pas tant fait de vagues, espérons pour Labatt que la réelle fermeture de son usine ne dépasse pas les frontières territoriales, linguistiques et culturelles de l'Ontario pour aller se répandre au Québec, auquel cas on sera attentif à la manière dont Publicis saura gérer cette hypothétique crise.

lundi 29 mars 2010

Publicité : Clotaire Rapaille nous enseigne le Marketing


C'est fait. Régis Labeaume vient de résilier le contrat de Clotaire Rapaille, l'homme qui était venu sauver l'image de la ville de Québec, qui au lieu de ça s'est sauvé avec 125 000 dollars, en emportant avec lui son image. Petit cours de marketing 101.

On se souvient que le maire Labeaume voulait rajeunir sa ville, cette "vieille capitale".

On se souvient qu'il a engagé ni un québécois, ni un canadien, mais un français vivant aux États-Unis parce que ça ressemble au Québec, la bipolarité francophone américaine. Apparemment il est passé à côté d'un grand nombre de très bonnes agences de publicités québécoises.

On se souvient surtout de cet espèce de grand mage venu sonder l'inconscient sadomasochiste et plein de complexes des habitants de Québec, et surtout de l'excellent reportage d'infoman (si vous ne l'avez pas vu allez-y, ça vaut vraiment le coup).

Aujourd'hui, après avoir séduit les élus et les administrés de la ville de Québec, Clotaire ne reviendra plus. On en a beaucoup parlé, et on en parlera encore tant et si bien que Monsieur Labeaume tentera encore de "rajeunir" sa ville. En tout cas il a été très intéressant de voir l'image que donnait la relation entre les deux hommes, l'un vouant une admiration à l'autre, et l'autre ne lui jetant même pas un regard.

Moi qui m'attendait à voir Clotaire enlever ses lunettes, il ne reviendra pas de sitôt au pays. Et Monsieur Labeaume de gérer la situation de crise en mari trompé en cassant le contrat. Car trompé il l'a été, et devant tout le monde : avec ses histoires de deuxième guerre mondiale en Normandie (alors qu'il était à Paris) et le chant de Félix Leclerc (que personne ne connaissait en 1945, ni au Canada, ni en France) par lequel il a été bercé, personne ne comprenait pourquoi ce spécialiste en marketing psychanalyste avait été engagé. Le summum a été atteint lorsqu'on a appris, ô scandale, qu'il avait menti dans son cv en prétendant avoir déjà fait de la publicité pour une ville, et en disant avoir travaillé pour le gouvernement français dans les années 1970.

Leçon de ce cours de marketing 101 : Pour vendre son image et son produit, on ne peut pas raconter tout et n'importe quoi. On finit toujours par le découvrir, surtout dans un environnement hypermédiatisé.

mardi 16 mars 2010

Presse : Le poids des mots : 24 heures vs Métro


Voilà le genre d'exercice auquel j'aime me prêter. S'arrêter particulièrement sur un événement, et voir comment deux médias ont traité l'information.

Si j'ai choisi 24 heures et Métro , c'est surtout parce que ce sont deux journaux qui nous tombent facilement sous la main tous les matins, en se rendant au travail, un café dans la main, le journal dans l'autre. Leurs petites tailles permet de nous contorsionner dans le métro afin de pouvoir tourner les pages facilement, sans oublier de donner un coup de coude de temps en temps (oups excusez!). Ce sont des journaux tirés à des milliers d'exemplaires, qui sont pris en main, lues, la plupart du temps parcourues le temps d'un trajet, et ensuite jetées (et le plus souvent recyclées, puisqu'il faut être vert...). D'autre part ce sont deux cas intéressants car Métro est un journal international qui fait de l'actualité locale, diffusé dans plusieurs centaines de villes dans le monde, il prend la peau et le pouls de la ville où il est diffusé. Quand à 24 heures, il pourrait faire l'objet d'un article à part entière, puisque ce journal est propriété de Quebecor, l'un des plus grands groupes médias au Canada, propriétaire de la chaîne généraliste TVA, du site Internet généraliste Canoé, du Journal de Montréal, etc., bref un consortium puissant qui prône la convergence de l'information.

Je n'ai pas la prétention de faire une critique des deux journaux, à savoir s'ils sont bien faits ou non (et oui je dois avouer qu'ils le sont car je ne peux pas m'empêcher de lire l'un ou l'autre chaque matin, n'ayant pas encore les moyens de me payer un abonnement à la presse ou au devoir) et je ne veux pas non plus faire une analyse de contenu à proprement parler, mais juste montrer comment deux journaux à même vocation, distribués gratuitement aux mêmes endroits peuvent traiter différemment l'information simplement dans le choix du vocabulaire, et un sujet m'a sauté aux yeux en ce beau matin du 16 mars 2010 : la manifestation anti-brutalité policière tenue à Montréal.

Le scénario est simple, il comporte deux acteurs principaux : les manifestants, représentés par ses organisateurs, le Collectif contre la brutalité policière, et la police, qui encadre la manifestation. Les faits montrent qu'il y a eu du côté des manifestants des slogans peu élogieux envers les policiers (c'était le but de la manif non?) ainsi que des jets d'objets divers, et du côté des policiers des courses-poursuites qui ont mené à des arrestations (mais encore là je n'ai pas vérifié, je ne fais que me fier aux journaux...).

Voyons d'abord comment le journal 24 heures, dans un article signé par Maxime Béland, dénomme les manifestants et dans quels verbes d'action ils sont engagés : "une centaine de manifestants arrêtés" [...] "des manifestants en possession de cocktail Molotov" [...] "Après avoir joué au chat et à la souris" [...] et il y a même le témoignage d'un manifestant qui dit "Si je peux blesser un [policier] et l'envoyer à l'hôpital, je vais être tellement heureux". Du côté du vocabulaire désignant la police, le discours est bien différent : "deux agents doubles rudoyés" [...] "Les policiers avaient déjà arrêtés les manifestants" [...] "le corps policier montréalais" et même la réplique à la citation du manifestant: "Ce n'est quand même pas nous autres qui leur avons fournis des projectiles pour qu'ils nous les lancent, ironise le sergent". Si on se demandait ce que faisait la police, et bien 24 heures vient de nous donner une réponse claire et précise, elle fait son travail et arrête les méchants citoyens qui ont un mauvais comportement.

Si on compare avec Métro, dont, entre parenthèses, l'article est signé par la Presse Canadienne et est donc une dépêche d'agence de presse sûrement reprise telle quelle par les employés du journal, on retrouve ce vocabulaire pour les policiers : "policiers" [...] "Des dizaines d'agents, vêtues de tenues antiémeutes et à dos de cheval". Ce sont les deux seules dénominations utilisées. Quand aux manifestants, ce sont des "manifestants agités" [...] "des manifestants ont lancé des bouteilles" et ils "scandaient". Ce sont aussi parfois de simples "participants".

Deux constats : la violence, le rôle des policiers et des manifestants sont beaucoup moins exacerbés que pour le journal 24 heures. On doit sûrement ce style au format "dépêche", qui doit énoncer les faits plutôt qu'exprimer une opinion, afin de permettre au journaliste de faire lui même son enquête, et pourquoi pas, d'exprimer son opinion, ce qui a été le parti pris de 24 heures.
Néanmoins c'est le genre de parti pris qui peut être dangereux, et comme on peut le constater, peut orienter plus facilement l'opinion du lecteur.

Évidemment c'est un peu jeter une pierre dans l'eau que de dire que les médias Québecor cherchent à faire du sensationnalisme, il suffit pour ça de prendre un exemplaire du Journal de Montréal ou bien de regarder les nouvelles de TVA. Mais il est important de comprendre comment ils le font, et je n'ai ici que survolé le vocabulaire déjà éloquent. Si je m'étais attardé sur la mise en page et les photos utilisées pour illustrer les articles, j'en serais venu aux mêmes conclusions. En bref, lisez 24 heures, vous aurez peur, lisez le Métro, vous saurez juste c'qui faut.