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jeudi 22 août 2013

De la publicité à Radio-Canada

Espace-Musique, la radio musicale de Radio-Canada, ainsi que CBC radio 2, pourront désormais diffuser de la publicité pour se financer.

Radio-Canada est un service public, ça veut dire quoi?
- service : fonction de quelqu'un qui sert une cause ou qui aide une personne
- public : qui appartient à l'État, collectif

Donc, c'est notre argent qui permet de faire fonctionner Radio-Canada. Pour notre bien-être, en quelque sorte.

C’est vrai que Radio-Canada a souffert de coupures budgétaires, mais je ne comprends pas pourquoi elle doit se financer par la publicité.

Est-ce qu’on accepterait que les écoles publiques soient financées par la publicité? Que les enfants aient des manuels scolaires à l’effigie de Coca-Cola ou de Mac Donald? Poser la question, c'est y répondre.

Pourtant quand on parle des médias, c’est moins choquant. Les autres le font me direz-vous, alors pourquoi pas eux?

Parce que la publicité ne devrait jamais venir influencer le contenu d’un diffuseur public, car celui-ci nous appartient, à nous, comme citoyen, et si cela nous appartient, on ne devrait pas avoir à subir des messages publicitaires que notre gouvernement cautionne. 

Tiens au passage, connaissez-vous Radio Paradise? Une radio en ligne libre de publicités entièrement financé par les dons des internautes. Comme quoi, les modèles qui fonctionnent sans publicité, on peut les faire sans l’aide du gouvernement.

jeudi 6 juin 2013

Radio-Canada : un seul mot qui fait parler beaucoup de monde

"Ici" est le nouveau nom pour désigner Radio-Canada, et ça ne plait partout, rapporte Louise Leduc du journal La presse.

On comprend pourquoi notre gouvernement conservateur n'aime pas ça, après avoir saupoudré le mot "royal" un peu partout (les forces royales canadiennes, la monnaie royale canadienne), eux qui s'efforcent à coûts de contribuables d'imposer une nouvelle image du Canada.

Je ne suis pas contre la démarche. Chaque gouvernement, libéral ou conservateur, a toujours plus ou moins repositionné l'image du pays, à l'intérieur ou à l'extérieur.

Par contre si vous me demandez ce que je pense du "royalisme" : autre débat, autre lieu, ce n'est justement pas "ici" que je le ferai.

Alors comprenez que, hein, si t'enlèves Canada puis Radio de Radio-Canada, une entreprise gouvernementale canadienne, ben les patrons, eux autres, ils aiment pas ça.

Puis si en plus, t'ajoutes une petite dose de phobie "séparatiste" (comme disent les anglais), ce positionnement pourrait être perçu comme si à Radio-Canada, on fomentait des révolutions pour renverser le pays et donner sa liberté au Québec tant criée par le Général.

Mais il y a de la grogne à l'interne aussi : l'article de La presse rapporte les paroles d'un président de syndicat qui accuse l'entreprise de dépenser son argent dans l'image alors que plusieurs milliers d'emplois ont été coupés il n'y a pas si longtemps... Pas fou. En tout cas, comble du comble, c'est le président du Syndicat des Communications qui le dit.

Comme quoi les mots sont importants. Très importants. Le timing aussi. Quand tu te lances comme ça, assures-toi que tes gens à l'interne sont convaincus du concept. Quand on travaille quelque part, on est tous des ambassadeurs de notre entreprise. Si, comme employé, t'es pas convaincu du bien-fondé des actions de l'organisation, comment tu veux que les consommateurs (d'info que nous sommes) soient eux-mêmes convaincus?

J'avoue que c'est un changement, un grand changement pour une institution bien établie et reconnue partout au pays comme Radio-Canada depuis plusieurs décennies. Le changement ne se fera pas du jour au lendemain à coût d'affiches et de stratégies de médias sociaux, ça prendra bien plusieurs années.

Enfin, ce n'est que mon avis mais pour le Québec j'aurais apporté une petite nuance : j'aurais dit "Icitte"!!!

La vidéo promotionnelle de Radio-Canada expliquant le virage :



Mise à jour du 7 juin 2013 : Radio-Canada a revu son positionnement. Comme quoi, la grogne fonctionne...

mardi 13 juillet 2010

Télévision : Radio-Canada grignote ARTV

Radio-Canada, qui possédait déjà 61% d'ARTV, vient d'acheter les parts de Télé-Québec dans la chaîne culturelle, possédant désormais 85% des parts. Télé-Québec a annoncé dans un communiqué de presse que cette vente permettra la création d'un fonds régional de production télévisuelle, afin de promouvoir les régions en dehors de Montréal. L'autre actionnaire d'ARTV est la chaîne franco-allemande Arte, qui possède les 15% restants.

Les conséquences de cette vente peuvent être multiples : Télé-Québec, chaîne généraliste diffusée sur les ondes hertziennes est certainement la chaîne qui prend le plus de risque en matière de culture : films d'auteur sans interruptions publicitaires, documentaires, etc. Même si une entente de programmation (qui sera dévoilé à l'automne) a été mis en place entre les deux chaînes, la vente de ces parts pourrait alors rendre difficile sa relation avec ARTV, car Télé-Québec reprenait certaines de ses émissions, comme "Fais-ça court", émission dont le principe est de mettre en compétition plusieurs réalisateurs en leur donnant les mêmes acteurs, le même décor et un thème, le reste (scénario, réalisation) étant entre leurs mains : autant de promotion culturelle que de promotion locale.

Radio-Canada, chaîne généraliste publique, est sans cesse en compétition avec les autres chaînes francophones privées, qui elles n'hésitent pas à mettre les moyens pour attirer un maximum d'audience (et surtout importer de nombreuses séries américaines). Va-t-elle avoir le courage de reprendre les émissions d'ARTV pour une diffusion nationale alors même que des coupures budgétaires ont-eu lieu il y a un peu moins d'un an? Mais surtout, l'achat de ces parts ne risque-t-il pas de grever son propre budget en matière de productions locales?

Une chose est néanmoins rassurante dans la création de ce fonds régional de production télévisuelle qui donnera une chance aux nombreux créateurs québécois situés en-dehors de la métropole, car cette décision politique (approuvé par le conseil des ministres sur recommandation de la ministre de la culture) ne semble pour l'instant aucunement ébranler les chaînes de télévision concernées. Réactions à suivre?