NADbank publie le résultat d'une étude réalisée en 2009 sur la consommation de l'information dans les quotidiens, et les chiffres montrent qu'ils ont encore une forte présence dans le marché des médias. Plus de 77% des canadiens lisent au moins une fois par semaine un quotidien, qu'il soit imprimé ou en ligne. Cependant, ça ne signifie pas que les canadiens paient pour avoir accès à l'information.
- Un marché de lectorat canadien?
L'étude a porté sur 81 quotidiens canadiens et 2 quotidiens de Détroit. Pourquoi avoir inclut Détroit quand on s'intéresse au marché canadien? D'un point de vue géographique, Détroit touche la frontière canadienne et se trouve à environ 200km de London, en Ontario, et 400km de Toronto. Cette proximité expliquerait alors le choix de Détroit qui serait présent sur le marché canadien. L'étude montre là une lacune importante dans l'explication des choix des marchés de lectorat.
- Des journaux payants?
L'étude inclut également des informations de lectorat pour 60 journaux de quartiers hebdomadaires. Ce sont, pour la grande majorité d'entre eux, des journaux gratuits distribués directement dans nos boîtes à lettres, financés grâce à la publicité qui prend largement plus de place dans ces journaux que les contenus d'information. Ces journaux sont généralement propriétés de grandes entreprises de communication, tels Transcontinental, présents dans tous les arrondissements de Montréal, de Québec, en région et dans les autres provinces canadiennes. Évidemment on peut toujours questionner la validité de l'information, lorsqu'elle provient d'une seule et même source.
Si les habitudes de lectures des journaux des canadiens sont bonnes, c'est surtout parce que l'information vient de plus en plus vers nous, "gratuitement". Et si plus des 3/4 des canadiens lisent au moins une fois par semaine un journal en version papier ou en ligne, les hebdomadaires gratuits fournissent une bonne part de ces bons résultats. Encore une autre lacune de l'étude que de ne pas nous montrer les chiffres concernant les quotidiens d'information payants.
- Le papier, à recycler
Ce diagramme, disponible sur le site Internet de NADbank, montrent que les investisseurs ont raison de faire de la publicité imprimée. Les habitudes de lecture sur papier sont pour presque toutes ces villes canadiennes deux fois plus importantes que pour les lectures en ligne. Si la lecture en ligne est bien en dessous de la lecture imprimée, cela montre aussi que les manières de s'informer changent. Les fils de nouvelles auxquels on peut s'abonner sur les réseaux sociaux (entre autres Facebook et Twitter) permettent un rapide survol de l'information avec les grands titres, des liens et de brefs résumés des articles.
L'imprimé continue sa transformation entamée il y a une quinzaine d'années avec l'explosion d'Internet. Les habitudes changent et les formats avec.
Avec plus de 1 million d'exemplaires vendus de l'ipad, il sera intéressant de voir comment cette nouvelle plateforme technologique peut changer ou non la consommation d'imprimée. Une affaire à suivre...
jeudi 13 mai 2010
jeudi 6 mai 2010
Publicité : Cinco de Mayo, quand le marketing transforme une commémoration en fête nationale
C'était hier le Cinco de Mayo (Comprendre 5 mai et non cinquième mayonnaise) et de nombreux latino-américains aux États-Unis célèbrent ce jour en consommant bière, téquila et mets mexicains. C'était aussi l'occasion pour le président américain de lancer le débat sur la réforme du système d'immigration. Ce n'est pourtant pas le jour de la fête nationale mexicaine, et c'est une fête bien moins célébrée au Mexique. Pourquoi cette fête est-elle alors si répandue aux États-Unis?
- De l'Histoire avec un grand H au Marketing avec un grand M.
Ce jour correspond à la victoire des mexicains sur les français venus récupérer une dette dans le Mexique de 1862. Elle est devenue populaire fin des années 1960 aux États-Unis lorsque un mouvement d'étudiants chicanos se cherchaient une journée pour souligner leurs ascendances mexicaines. Cette journée est sortie des milieux estudiantins pour atterrir chez les marketers, qui y ont vu une occasion en or pour vendre des produits dans une période de congé férié creuse, entre Pâques, en avril, et l'Independance Day, le 4 juillet.
Cette fête n'est d'ailleurs que très peu célébrée dans le monde, à part sur l'île de Malte, où c'est l'occasion d'y boire des bières mexicaines, et plus curieusement en Colombie Britannique où un club de chute libre y fait des sauts particuliers (le Cinco de Mayo Boogie!).
- Des bières, de la téquila, des chips... et de la pub!
Mais ça donne surtout l'occasion de voir quelques publicités savoureuses autour de ces boissons venues de nos cousins du sud, comme celle-ci qui parodie savoureusement les annonces pour des produits pharmaceutiques.
Et qui dit Tequila dit aussi bière mexicaine, la Corona! Les publicités pour les bières ont le plus souvent tendance à montrer le côté "mâle" de l'homme, rapidement rappelé à l'ordre ici.
On veut vendre un produit provenant d'Amérique centrale aux américains du nord, quoi de mieux pour vendre un produit "exotique" que de continuer dans cette série et de jouer la carte du touriste sur une plage dorée avec un ciel bleu azur.
À mentionner, le site Internet thecoronabeach.com, pas très original, prône un côté conservateur en affichant les mêmes thèmes que ces publicités.
- Un événement à vendre
Ce ne sont pas que les produits alcoolisés qui sont mis sur le devant de la scène. Cet article du NY Times nous explique que cette fête est l'occasion de vendre à peu près n'importe quoi, et la journée du Cinco de Mayo est devenu pour les entreprises qui s'y intéressent un événement promotionnel de deux semaines. Mais ça reste l'occasion pour les bières mexicaines de prendre le devant dans un marché saturé par des géants comme Heineken, ce dont se réjouit, on le devine, le président de Barton Beers, distributeur de la Corona.
Une petite dernière pour finir, à consommer avec modération...
- De l'Histoire avec un grand H au Marketing avec un grand M.
Ce jour correspond à la victoire des mexicains sur les français venus récupérer une dette dans le Mexique de 1862. Elle est devenue populaire fin des années 1960 aux États-Unis lorsque un mouvement d'étudiants chicanos se cherchaient une journée pour souligner leurs ascendances mexicaines. Cette journée est sortie des milieux estudiantins pour atterrir chez les marketers, qui y ont vu une occasion en or pour vendre des produits dans une période de congé férié creuse, entre Pâques, en avril, et l'Independance Day, le 4 juillet.
Cette fête n'est d'ailleurs que très peu célébrée dans le monde, à part sur l'île de Malte, où c'est l'occasion d'y boire des bières mexicaines, et plus curieusement en Colombie Britannique où un club de chute libre y fait des sauts particuliers (le Cinco de Mayo Boogie!).
- Des bières, de la téquila, des chips... et de la pub!
Mais ça donne surtout l'occasion de voir quelques publicités savoureuses autour de ces boissons venues de nos cousins du sud, comme celle-ci qui parodie savoureusement les annonces pour des produits pharmaceutiques.
Et qui dit Tequila dit aussi bière mexicaine, la Corona! Les publicités pour les bières ont le plus souvent tendance à montrer le côté "mâle" de l'homme, rapidement rappelé à l'ordre ici.
On veut vendre un produit provenant d'Amérique centrale aux américains du nord, quoi de mieux pour vendre un produit "exotique" que de continuer dans cette série et de jouer la carte du touriste sur une plage dorée avec un ciel bleu azur.
À mentionner, le site Internet thecoronabeach.com, pas très original, prône un côté conservateur en affichant les mêmes thèmes que ces publicités.
- Un événement à vendre
Ce ne sont pas que les produits alcoolisés qui sont mis sur le devant de la scène. Cet article du NY Times nous explique que cette fête est l'occasion de vendre à peu près n'importe quoi, et la journée du Cinco de Mayo est devenu pour les entreprises qui s'y intéressent un événement promotionnel de deux semaines. Mais ça reste l'occasion pour les bières mexicaines de prendre le devant dans un marché saturé par des géants comme Heineken, ce dont se réjouit, on le devine, le président de Barton Beers, distributeur de la Corona.
Une petite dernière pour finir, à consommer avec modération...
mardi 4 mai 2010
Télévision : Canwest ajoute une aile à son château
La crise économique continue de sévir. Shaw Communications vient d'acquérir les propriétés télévisuelles de Canwest, qui accusait une dette en 2009 de 3.9 milliards de dollars. Elle avait obtenu en automne dernier la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. Petit retour sur une guerre à coup de millions... de communications.
- Comment Shaw prend le contrôle.
Shaw est présent dans la plupart des provinces canadiennes excepté le Québec. Basé en Alberta, elle a depuis sa création en 1966 conquérit le marché des câblodistributeurs. Elle a conclu dans les années 1990 un pacte de non-compétitivité avec Rogers qu'elle met fin en juillet 2009 avec l'acquisition de Mountain Cablevision en Ontario.
Shaw est aussi un radiodiffuseur et un télédiffuseur, d'abord par satellite, puis par câble. Elle acquiert en 2009 trois stations de télévision appartenant au groupe CTVglobemedia. Elle développe son réseau pour diffuser des canaux HD. Elle a obtenu l'autorisation en 2008 de construire un réseau de mobilité sans fil, la majorité dans l'ouest canadien.
- Qui est Canwest.
Canwest est aussi un câblodistributeur, possède de nombreux journaux et magazines (The Gazette à Montréal, le National Post ou le Ottawa Citizen, entre autres) et plusieurs stations de télévision dont Global, la plus importante, présente partout à travers le Canada, y-compris le Québec.
- Le poisson Canwest péché par un plus gros poisson?
Il semble que oui. Encore aujourd'hui Torstar, propriétaire du Toronto Star, viendrait de faire une offre pour acheter les éditions produites par Canwest, incluant les journaux précités. En achetant les propriétés télévisuelles de Canwest, Shaw se paie une présence média pancanadienne. "Nous croyons que la combinaison de contenu avec nos réseaux TV câble et satellite, et bientôt notre service sans fil, nous placera à la tête des compagnies de communication et de divertissement au Canada." a déclaré Jim Shaw, Président de Shaw, via un communiqué repris par Argent. Rien que ça...
- Quel avenir pour les régions
Cette acquisition pose indirectement la question des médias régionaux. Comment un si gros acteur peut-il encore investir dans des contenus locaux lorsque des contenus nationaux ont un prix de revient moins cher. Il faudrait alors légiférer afin qu'une corporation de cette taille investisse dans les productions locales (essayons d'être optimistes!). En regardant la grille de programmation de Global, on y voit de nombreuses productions provenant des États-Unis, pas vraiment rassurant lorsqu'on regarde le passé de Shaw Communications, qui ne cherche, avec ses nombreuses acquisitions, qu'à devenir l'unique fournisseur Internet, radio, télévision dans tout le Canada.
- Des médias Shaw en français?
Sa future présence au Québec devient une porte d'entrée géographique vers les provinces maritimes, où elle possède déjà plusieurs compagnies de câbles. Pour une présence plus marquée au Québec, Shaw n'aura pas le choix de prendre en compte les particularités linguistiques, sociales et culturelles de la province. Car son incursion dans la Belle Province est sûrement un moyen de devenir un acteur de la distribution d'Internet et du sans-fil, surtout lorsque certaines villes n'ont toujours pas accès à une connexion haute vitesse...
La convergence économique n'est jamais bon signe du point de vue de la production d'informations, car justement elle va n'offrir qu'un seul point de vue, certes sous des formes différentes. Les canaux ont beau être multiples, si la source reste la même, le choix importe peu. Le contrôle des communications est la pierre angulaire des nations, et si elle reste la main d'une seule personne, prenons garde alors à la pensée unique.
- Comment Shaw prend le contrôle.
Shaw est présent dans la plupart des provinces canadiennes excepté le Québec. Basé en Alberta, elle a depuis sa création en 1966 conquérit le marché des câblodistributeurs. Elle a conclu dans les années 1990 un pacte de non-compétitivité avec Rogers qu'elle met fin en juillet 2009 avec l'acquisition de Mountain Cablevision en Ontario.
Shaw est aussi un radiodiffuseur et un télédiffuseur, d'abord par satellite, puis par câble. Elle acquiert en 2009 trois stations de télévision appartenant au groupe CTVglobemedia. Elle développe son réseau pour diffuser des canaux HD. Elle a obtenu l'autorisation en 2008 de construire un réseau de mobilité sans fil, la majorité dans l'ouest canadien.
- Qui est Canwest.
Canwest est aussi un câblodistributeur, possède de nombreux journaux et magazines (The Gazette à Montréal, le National Post ou le Ottawa Citizen, entre autres) et plusieurs stations de télévision dont Global, la plus importante, présente partout à travers le Canada, y-compris le Québec.
- Le poisson Canwest péché par un plus gros poisson?
Il semble que oui. Encore aujourd'hui Torstar, propriétaire du Toronto Star, viendrait de faire une offre pour acheter les éditions produites par Canwest, incluant les journaux précités. En achetant les propriétés télévisuelles de Canwest, Shaw se paie une présence média pancanadienne. "Nous croyons que la combinaison de contenu avec nos réseaux TV câble et satellite, et bientôt notre service sans fil, nous placera à la tête des compagnies de communication et de divertissement au Canada." a déclaré Jim Shaw, Président de Shaw, via un communiqué repris par Argent. Rien que ça...
- Quel avenir pour les régions
Cette acquisition pose indirectement la question des médias régionaux. Comment un si gros acteur peut-il encore investir dans des contenus locaux lorsque des contenus nationaux ont un prix de revient moins cher. Il faudrait alors légiférer afin qu'une corporation de cette taille investisse dans les productions locales (essayons d'être optimistes!). En regardant la grille de programmation de Global, on y voit de nombreuses productions provenant des États-Unis, pas vraiment rassurant lorsqu'on regarde le passé de Shaw Communications, qui ne cherche, avec ses nombreuses acquisitions, qu'à devenir l'unique fournisseur Internet, radio, télévision dans tout le Canada.
- Des médias Shaw en français?
Sa future présence au Québec devient une porte d'entrée géographique vers les provinces maritimes, où elle possède déjà plusieurs compagnies de câbles. Pour une présence plus marquée au Québec, Shaw n'aura pas le choix de prendre en compte les particularités linguistiques, sociales et culturelles de la province. Car son incursion dans la Belle Province est sûrement un moyen de devenir un acteur de la distribution d'Internet et du sans-fil, surtout lorsque certaines villes n'ont toujours pas accès à une connexion haute vitesse...
La convergence économique n'est jamais bon signe du point de vue de la production d'informations, car justement elle va n'offrir qu'un seul point de vue, certes sous des formes différentes. Les canaux ont beau être multiples, si la source reste la même, le choix importe peu. Le contrôle des communications est la pierre angulaire des nations, et si elle reste la main d'une seule personne, prenons garde alors à la pensée unique.
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